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Memo sur la pauvreté

Mémo sur la réduction de la pauvreté et la crise alimentaire dans le monde sous-développé : une piste, la foire pour le développement

 

 

Pour les pays comme les nôtres, la nécessité de lutter contre la pauvreté à court terme et de sortir du sous-développement dans un terme plus lointain est de toute première importance.

La crise alimentaire qui frappe nos populations est le résultat d’une politique mise en place depuis des décades ; elle tendait à substituer les aliments importés à ceux qui étaient produits localement. En conséquence, l’économie domestique est fortement déséquilibrée. Les produits alimentaires traditionnels ont été abandonnés au profit des produits importés, essentiellement du riz, de la farine de blé, du poisson et du poulet congelés, du lait etc… De nos jours, le prix de ces aliments est tellement élevé que nos populations ne peuvent plus se les procurer. La réduction, voire la suppression des taxes ne peut fondamentalement changer la situation compte tenu de la modicité des taux qui affectent les produits de première nécessité. La solution à long terme de cette crise se trouve dans la consommation des aliments produits localement dans des quantités et des prix raisonnables. De la sorte, l’économie intérieure pourra en réguler les prix, ce qui n’est absolument pas envisageable pour les produits importés. Par ailleurs, l’accroissement de la quantité, l’amélioration de la qualité auront pour effet de diminuer le coût des produits alimentaires, ce qui accroîtra substantiellement et les revenus des producteurs (ils produiront et vendront plus), et le pouvoir d’achat des populations (elles consacreront moins de ressources à l’alimentation).

Des usines dans le monde fabriquent des équipements et des machines de basse technologie qui peuvent être facilement utilisés par nos paysans et nos citadins dans leur environnement technologiquement assez fruste. D’autre part, en s’appuyant sur la solidarité familiale et la micro finance, beaucoup parmi nos populations dans les villages et les villes peuvent acheter ces équipements de basse technologie à des prix raisonnables.

Notre objectif est donc de rendre ces équipements disponibles et opérationnels pour les hommes et les femmes qui veulent s’en sortir et sont prêts à beaucoup de sacrifices pour y arriver.

L’enclavement des zones rurales qui résulte de routes soit inexistantes soit en très mauvais état renchérit les produits importés qui doivent être acheminées dans ces zones dans des conditions épouvantables. En fait, il convient d’abord d’équilibrer les micro-économies en attendant que le réseau routier se développe et soit entretenu au point de pouvoir considérer tout le Cameroun comme un espace économique unique.

Les bénéfices à attendre d’une foire du développement sont immenses ; à titre d’exemple, la disponibilité de petits équipements de fabrication de charbon de bois dans les zones forestières permettra de lutter contre la désertification qui avance au Nord d'un pays comme le Cameroun, dans sa partie sahélienne.

De fait, la sensibilisation sur les Objectifs du Millénaire, la lutte contre la pauvreté, les mesures urgentes à prendre contre le renchérissement des produits alimentaires de première nécessité dans les pays sous-développés est déjà très avancée. Qu’il s’agisse de l’ONU et de son réseau d’organisations, la FAO (6,5 Mds d'euros) des institutions de Bretton Woods, de l’UIP, de l’Union Européenne ou de pays pris isolément comme la France (1 Md d’euros) ou le Japon (5Mns de dollars), la levée des fonds est bien engagée au profit des aides bilatérales ou multilatérales après les émeutes et les crises alimentaires au Burkina Faso, au Cameroun, en Egypte, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, à Haïti et ailleurs.

De nombreuses expériences passées ont montré que la levée des fonds pour l’aide ne suffit pas toujours. Il faut ensuite s’assurer de stratégies qui au final, produisent des résultas convaincants sur le long terme. Nous pensons que le concept de « Foire Internationale pour le Développement » pourrait se révéler très porteur et nous serions heureux de recueillir votre opinion sur ce projet.

Je vous remercie pour le temps et l’attention que vous avez bien voulu consacrer à la lecture de ce document.

 

Fait à Douala le 10 Mai 2008

 

 

Jean-Jacques Ekindi

Député à l’Assemblée Nationale du Cameroun

Secrétaire de la Commission des Finances et du Budget

Délégué à l’UIP